Surnommé « prêtre musulman, imam chrétien », l’abbé Jacques Seck est l’une des figures les plus emblématiques du dialogue islamo-chrétien au Sénégal.
Présentation
Né en 1934 à Palmarin Galou, sur la petite côte sénégalaise, dans une famille serer à la fois chrétienne et musulmane, Jacques Seck est ordonné prêtre catholique le 27 décembre 1969. Il est devenu au fil des décennies l’un des visages vivants de la coexistence religieuse sénégalaise, capable de citer aussi bien la Bible que le Coran lors de ses prêches.
Origines et formation
Baptisé en 1949, l’abbé Seck grandit dans une famille où se côtoient les deux religions : son père s’est converti à l’islam, tandis que sa mère est restée chrétienne, et sa sœur a épousé un imam. Après des études tardives puis un passage par l’enseignement, il entre au séminaire et est ordonné prêtre en 1969. Il est ensuite envoyé à Rome par l’archevêque Hyacinthe Thiandoum pour suivre des cours de théologie à l’Université pontificale grégorienne, puis séjourne en Tunisie de 1975 à 1978 pour approfondir l’arabe et l’étude du Coran.
Un parcours pastoral au service du dialogue
Nommé vicaire à Fadiouth puis à Sainte-Thérèse dans la banlieue de Dakar, il devient en 1977 vicaire épiscopal du cardinal Thiandoum, avant d’être affecté à Joal, village natal de Léopold Sédar Senghor. Il y intensifie le dialogue islamo-chrétien avant de devenir aumônier des malades à Dakar et curé de la cathédrale.
Un pont entre les religions
- Il est capable de réciter des versets du Coran en arabe, une particularité qui a interpellé le pape Jean-Paul II lors de sa visite au Sénégal en 1992.
- Il anime une émission radiophonique consacrée aux relations interreligieuses.
- Il est proche de nombreux grands marabouts sénégalais et participé à des cérémonies religieuses musulmanes comme le Gamou de Pire.
- Sa vie a inspiré le documentaire « Imam chrétien, prêtre musulman » du réalisateur Gilles Arsène Tchédji.
- Lors de ses messes, il est également connu pour son sens de l’animation, chantant et improvisant devant ses fidèles.
Héritage
Désormais retraité de ses fonctions officielles, l’abbé Jacques Seck demeure une figure révérée au Sénégal, souvent comparée à l’abbé Pierre en France ou à Mère Teresa en Inde pour son rayonnement populaire. Son œuvre a été saluée par des organisations comme Jamra pour sa contribution à la stabilité sociale et à l’unité nationale sénégalaise.
Voir aussi sur VJR 221
Contribuez a l encyclopedie du Senegal !
Vous connaissez une information, une personnalite ou un lieu meritant d etre documente ? Partagez-la !
